<iframe src="https://discord.com/widget?id=1132407567734292582&theme=dark" width="350" height="500" allowtransparency="true" frameborder="0" sandbox="allow-popups allow-popups-to-escape-sandbox allow-same-origin allow-scripts"></iframe>

DUOTONE FOIL ASSIST COMPLETE REVIEW

Nouvelle review foil assist sur le blog, et cette fois c’est Duotone qui s’y colle. Je navigue très régulièrement avec mon tow boogie fait maison, ce petit bateau qui me tracte pour tester du matos dans toutes les conditions, mais les systèmes d’assistance électrique ont clairement fleuri ces dernières années. On connaît tous bien Foil Drive, avec qui je travaille aussi de temps en temps, et voici maintenant Duotone qui arrive avec une approche assez différente de la concurrence : les batteries ne sont pas sous la planche mais autour de la taille, sur le corps du rider. J’ai testé le pack complet pendant plusieurs semaines, en surf foil, en mode e-foil sur du plat, et voici le debrief complet.

Duotone, reviennent chaque année sur la châine avec pas mal de matos a tester !  on a déjà passé en revue une bonne partie de la gamme, les boards, les wings et le foil Crest qui est justement celui que j’ai utilisé pour cette review. Toutes les infos sur le Foil Assist sont disponibles sur le site officiel de la marque, qui a maintenant une catégorie dédiée à toute la partie assistance électrique.

Le concept du Foil Assist Duotone

L’idée derrière un foil assist, on la connaît : une batterie, un petit moteur fixé sur le mât, et la possibilité d’aller chercher des vagues qui ne déferlent pas encore, ou qui sont trop loin du bord pour être surfées en foil classique. Ça permet de surfer dans des conditions où on serait normalement resté à la maison, à condition d’en avoir un usage respectueux. Ça fait maintenant plus de deux ans que je pratique avec des setups très différents en assist, et je reste convaincu par ce type de projet.

Trois produits dans la gamme

  • Foil Assist carbone : la version premium, mât carbone D-Lab, moteur très intégré, hélice positionnée haute pour le surf.
  • Foil Assist alu : même fonctionnement mais mât aluminium, finition différente, plus accessible.
  • Foil Cruise alu : le moteur est ici positionné tout en bas du mât, façon e-foil classique, propulsion toujours immergée, pour une pratique plus cruising que surf.

Ce qu’il y a dans le pack

J’ai reçu la version carbone complète. Le mât fait 84 cm en carbone D-Lab, avec le câble qui passe à l’intérieur et ressort au niveau de la platine, et le moteur situé environ 17 cm sous la platine. Le câble se branche sur un e-harness : un harnais façon windsurf, gainé de néoprène, avec une petite housse dans laquelle on glisse deux batteries.

  • Batteries : 159,6 Wh chacune (7 Ah, 22,8V, techno LiHV), carénées dans du plastique rigide.
  • Poids ceinture + batteries : un peu moins de 3,8 kg.
  • Câble : environ 500 g, renforcé pour résister aux coups d’hélice.
  • Charge complète des deux batteries : 45 minutes.
  • Batteries « travel ready » (sous la limite des 160 Wh, à vérifier quand même auprès de sa compagnie aérienne).
  • Chargeur avec mode charge et mode décharge/stockage pour l’hivernage .
  • Poussée annoncée : 33 kg.
  • Hélices bipales fournies en aluminium et en spectre (plastique rigide), une tripale existe en option mais je n’ai pas pu la tester.

Poids total du système une fois tout assemblé (ceinture, batteries, câble, moteur, mât carbone) : environ 6 kg, à comparer à un Foil Drive Max Power qui tourne autour de 4,5 kg pour la bête plus 1 kg de moteur. On est donc sur des masses assez proches, la vraie différence c’est où ce poids se trouve.

Compatibilité mât, foils et planches

Le mât se fixe en lieu et place d’un mât classique, en 4 vis M8 sur une box standard : universel, ça se monte sur n’importe quelle planche du marché. Sur la version alu, des adaptateurs permettent en plus d’accueillir des foils d’autres marques : Armstrong (fuselage dédié), Axis, North, KT… Un vrai plus pour ceux qui ne veulent pas être enfermés dans l’écosystème Duotone. Je n’ai pas pu tester cette compatibilité avec d’autres marques faute de matériel sous la main, mais l’intention est saluée.

Le système de sécurité est bien pensé : le câble électrique est un coil dans lequel passe un leash avec mousqueton inox, à fixer sur un anneau à la base du e-harness avant d’aller à l’eau. En cas de chute, c’est le leash qui absorbe le choc, pas le câble électrique. Sur la Midfish, deux plugs de leash à l’arrière permettent même de doubler la sécurité (« ceinture et bretelles »). Sur une planche non dédiée comme la Crush, un seul plug standard suffit déjà à faire le job, avec des patchs adhésifs fournis pour verrouiller la position du câble au centre du tail.

La télécommande : watch + bague, le point qui divise

Ici Duotone part sur un système totalement différent de la gâchette Maytech qu’on connaît chez Foil Drive ou sur les assists maison. On a une montre au poignet reliée par un petit fil à une bague à l’index, avec un bouton plus et un bouton moins. On double-clique pour déverrouiller le moteur, puis on monte ou descend par palier de vitesse (1 à 7). Si on relâche, le moteur s’arrête, et il faut recliquer depuis le début pour redémarrer.

Le gros avantage : la main reste libre pour tenir une caméra ou pour ramer, sans avoir à serrer une gâchette avec leash qui traîne. L’inconvénient, et c’est mon vrai bémol sur ce produit : on ne peut pas moduler la puissance en continu comme avec une gâchette à pression. Avec mon gabarit (62 kg), j’ai besoin d’être en vitesse 5 pour être porté correctement. Donc à chaque sortie de vague, il faut recliquer 5 fois et maintenir, sans quoi le moteur ne pousse pas assez et la planche s’écrase. C’est faisable, on s’y habitue vite, mais c’est clairement moins instinctif qu’une gâchette Maytech où on compense instantanément à la sortie d’une vague.

La planche dédiée : la Midfish

La Midfish est pensée spécifiquement pour le Foil Assist, avec un tail fendu façon fishtail qui facilite le passage du câble. La gamme va de 38 à 78 litres, pour des longueurs de 5’2 à 5’11. Ma version en test faisait 5’2 pour 38 litres : ça fait peur sur le papier mais ça décolle très tôt et ça glisse fort. Elle reste légère (à peine 4 kg), ce qui la rend sympa aussi en pompage pur, hors assist. Je m’en suis même servi en wing et en parawing dans du vent light. Comptez entre 1299 et 1399 euros pour la planche seule.

Duotone recommande, pour un débutant complet, de choisir un volume 35 litres au-dessus de son poids de corps, avec une aile supérieure à 900 cm².

Prix du Foil Assist Duotone

  • Foil Assist set D-Lab (mât carbone) : 5990 €
  • Foil Assist set alu : 4799 €
  • Foil Cruise set alu (mode e-foil) : 4799 €
  • Pack complet avec Midfish (version alu) : environ 7100 €
  • Adaptateurs pour foils d’autres marques : environ 99 €
  • Set de batteries supplémentaires (2x) : environ 898 €

Côté connectivité, pas d’application, contrairement à Foil Drive ou Flight Lab. La télécommande s’appaire au moteur en quelques secondes et propose juste plusieurs vitesses, avec l’indication des niveaux de batterie moteur et télécommande sur l’écran de la watch. Simple, presque trop simple pour ceux qui aiment paramétrer, mais diablement efficace pour aller à l’eau vite. Seul petit accroc : le chargeur de la watch est propriétaire, pas de l’USB-C standard, donc attention à ne pas le perdre en voyage.

Test terrain

Je suis convaincu depuis plus de deux ans par l’approche qui consiste à sortir les batteries de la planche pour les mettre sur le corps du rider, et le Foil Assist Duotone confirme tout l’intérêt de ce parti pris. Une fois la masse répartie sur la taille, tout ce qui se passe sous la ceinture reste proche d’un setup de surf normal (il reste quand même le câble et le kilo de moteur, ne l’oublions pas). Résultat : un setup  plus facile au pumping pour aller reconnecter les vagues et un setup avec beaucoup moins d’inertie dans les manœuvres et changements de rail.

Mise en place

Rien de sorcier : on clipse les deux batteries, on entend les bips de confirmation moteur, on ferme le clapet et le petit taquet de verrouillage (bien vérifier qu’il est rouge = fermé), on branche le câble sous la ceinture, on passe le leash dans le sandow fourni et on n’oublie surtout pas le mousqueton de sécurité. La sangle de la ceinture (taille S/M reçue, existe aussi en N/XL) avait tendance à faire de l’accordéon sur mon gabarit fin, un souci mineur mais à noter.

Take off et sensations

Le moteur étant positionné plus bas sur le mât et non sous la planche, il y a un effet de cabrage au take off qui demande de bien s’avancer, comme sur un Foil Drive classique. Gros point positif en revanche : sans boîtier sous la board, il n’y a aucune traînée générée quand la carène touche l’eau, contrairement aux systèmes type Foil Drive ou Manta qui nécessitent des planches « trench » dédiées.

Autonomie réelle

Sur un test en mode e-foil sur du plat, en pompant un peu avec le Crest 800, j’ai tenu près d’une heure pour 10 km parcourus, avec mon poids de 62 kg. En rajoutant du surf et du pompage pour reconnecter les vagues, on retombe plutôt sur 45 minutes à 1h de jeu réel, jusqu’à 1h30-2h pour les riders les plus économes. Le vrai sweet spot du produit, c’est d’utiliser les éléments (vagues, houle) pour assister le moteur plutôt que de bourriner sur la gâchette façon e-foil pur : s’asseoir, attendre une série même molle, ramer un peu et mettre un fond de gaz au bon moment.

Quel foil et quelle planche associer ?

Sur du plat ou en petites conditions, le Crest 800 reste le choix de la raison pour bien pomper et relancer sans trop tirer sur le moteur. Dans du plus gros, en logique downwind, le Crest 675 permet de vraiment se régaler avec juste une pichenette au démarrage. J’ai aussi testé la Crush 27 litres (ma planche de surf préférée cette année) sans le kit dédié : ça fonctionne très bien, avec même une meilleure capacité à pomper et tenir en vol qu’avec la Midfish, sans doute grâce à la légèreté et à une bonne position allongée au take off.

Points forts / points faibles

Ce qui fonctionne bien

  • Le report du poids sur le corps plutôt que sous la planche : un vrai gain en légèreté et en sensations de pompage/carving.
  • Aucune traînée générée par un boîtier sous la planche.
  • Package très complet et bien fini, notice et tutos vidéo au top.
  • Compatibilité universelle avec les planches du marché, adaptateurs pour foils d’autres marques.
  • Batteries travel ready, chargeur avec mode stockage.
  • Télécommande qui libère la main pour ramer ou filmer.

Ce qui l’est moins

  • La gestion par crans de la télécommande, moins intuitive et moins réactive qu’une gâchette à pression classique.
  • Chargeur propriétaire pour la watch, pas de l’USB-C standard.
  • Prix élevé, mais c’est globalement le cas sur tout le marché du foil assist.
  • Autonomie plus limitée qu’un Foil Drive Max Power si on veut vraiment faire de l’e-foil pur.

Conclusion : pour qui, pour quoi ?

Duotone arrive avec la première offre vraiment différenciante face à Foil Drive sur ce marché, et ça ne s’adressera pas exactement au même public. Pour les pratiquants qui restent avant tout des surfeurs, qui veulent garder l’envie de pomper avec les jambes et un setup vif, léger, rail to rail, avec peu d’inertie, le Foil Assist Duotone est clairement pertinent : c’est là que le report du poids sur la taille prend tout son sens.

Pour celui qui veut avant tout de l’autonomie façon e-foil, aller loin en tirant sur la gâchette sans trop se soucier de la houle, un Foil Drive Max Power oreste plus adapté : les batteries plus petites du système Duotone limiteront vite le temps de jeu dans cette logique.

À noter aussi que ce système a été développé en collaboration avec Cyril Coste, qui pratiquait déjà cette approche depuis des années : ce n’est pas un simple copier-coller inspiré des bricolages DIY qu’on voit fleurir dans nos communautés, mais un vrai projet mené avec un rider qui connaît le sujet à fond. J’aurais aimé pouvoir tester la tripale, annoncée plus confortable et plus économe en énergie, ainsi que la compatibilité avec d’autres marques de foils sur la version carbone. Duotone a aussi annoncé de futures batteries à capacité augmentée : à voir à quel prix, mais c’est une évolution logique à surveiller.

Photographe Pro - Vidéaste amateur - Vlogger - Youtuber / La Baule - Loire-Atlantique

Laisser un commentaire