Nouvelle review board sur le blog, et cette fois c’est Armstrong qui passe sur le pont : la Midlength MKII en construction X-Form. La marque avait déjà une Midlength au catalogue, et cette MKII arrive avec un paquet de nouveautés qui collent parfaitement à l’évolution de la pratique, notamment l’explosion du parawing. J’ai reçu la planche en 55 litres pour mes 62 kg, et je l’ai fait tourner en wingfoil light wind, en wingfoil tout court et surtout en parawing pendant 2 mois. Voici le debrief complet.
Tout le matos est présenté en détail sur armstrongfoils.com, avec pas mal de vidéos bien faites sur la gamme complète. Sinon on retrouve le matos chez les revendeurs habituels, avec le conseil qui va bien.
La gamme Midlength MKII
Cette MKII, c’est 9 tailles au catalogue, de 38 litres (la 4’8) jusqu’à 130 litres (la 7’2). Moi j’ai testé la 55 litres qui fait 5’4, un litrage volontairement serré par rapport à mon poids puisque je viens d’une pratique déjà assez avancée. Le programme de cette gamme est clair : wingfoil light wind, wingfoil en général, et parawing dans des vents moyens à très soutenus. Sur les plus gros volumes, on peut même aller chatouiller le downwind à la pagaie, même si Armstrong a des boards dédiées pour ça.
Côté poids, ma 55 litres tourne à 4 kg sur ma balance, ce qui correspond exactement aux chiffres annoncés par la marque. Au niveau prix, on démarre à 2249€ et on monte jusqu’à 2649€ pour la 130 litres (tarifs de juillet 2026).
Présentation et finitions
Toutes les Midlength MKII arrivent avec une housse sur mesure, avec des flancs en 3D qui protègent vraiment bien la board. La housse est blanche, ce qui est un peu plus salissant, mais l’idée derrière c’est d’éviter que la planche ne cuise au soleil à l’intérieur. Même logique pour la board elle-même : elle est blanche, histoire de protéger la structure carbone des UV.
La technologie X-Form
C’est le gros morceau de cette nouvelle version. Le X-Form correspond à la méthode de moulage utilisée par Armstrong, la même logique que pour leurs mâts et leurs ailes de foil : la board est intégralement moulée dans un moule acier dédié, ce qui garantit une reproductibilité et une homogénéité de production irréprochables.Les pressions exercées et la montée en temperature autorisée par ce procédé lors de la cuisson à pour objectif final d’optimiser le rapport poids / rigidité / solidité, donc la durabilité globale du produit.
Construction et renforts
On est sur une planche carbone avec du PVC dessus / dessous, et trois couches de PVC sur les rails : c’est ce qu’on appelle un full sandwich. Résultat, une board très solide aux impacts, mais aussi très rigide. On retrouve deux grosses zones de renfort au niveau du pied avant et du pied arrière, et à l’intérieur de la board, deux grands stringers (déjà présents sur la première Midlength) qui assurent une rigidité maximale. On ne les voit plus visuellement à cause de la finition blanche, mais ils sont bien là, et ça se sent en pompant et sur la durée : la board ne s’enfonce pas sous les appuis, que ce soit au niveau des talons ou des pointes de pieds, y compris en saut.
Rails carbone et signal Foildrive
Armstrong a aussi réglé un détail jusqu’à lors problematique : sur les anciennes versions, les rails carbone créaient des soucis de signal avec les foil assist comme le FOILDRIVE, ce qui obligeaient à passer par une antenne externe. Sur cette MKII, j’ai testé sur l’eau et le signal passe parfaitement sans ajout d’antenne avec mon Foildrive Gen 2. Un petit détail, mais qui compte beaucoup pour les pratiquants foil assist. d’autant que le shape de la ML est particulièrement adapté à cet usage.
Pont, pad et ergonomie
Sur le pont, on retrouve un grand pad gris ajouré, léger, qui ne retient pas l’eau. Les repères tactiles sont là pour se caler, et à l’arrière on a deux lignes noires qui indiquent la position des rails sous la planche, un repère visuel bien pratique pour affiner le réglage du foil, surtout pour les riders un peu avancés. Sous la voûte plantaire du pied arrière, un petit bump vient aussi aider à bien caler le pied, particulièrement utile en navigation strappée.
Côté portage : pas de poignée de la 38L à la 85L, elle apparaît à partir de la 100L jusqu’à la 130L. Les inserts de straps sont présents sur toute la gamme, avec un montage possible en V à l’avant et un strap unique à l’arrière.
Rails, tail et bevels
Sous la board, on retrouve les rails carbone maison d’Armstrong, assez avancés, qui permettent une position de foil plus en avant avec très peu de « poids mort » devant le pied avant. Sur le papier, la marque annonce un feeling de légèreté accru par rapport aux boards compactes, malgré une longueur plus importante. Les bevels latéraux à l’arrière ont été réduits en angle, plus droits, ce qui apporte de la stabilité à l’arrêt et au take-off sans impacter les touchettes. Le tail évolue aussi : il était plus fin et pointu sur la première version, il est maintenant plus carré et plus large, toujours dans l’idée de stabilité et de facilité au décollage dans le vent light ou en parawing. La board conserve son petit kicker à l’arrière, qui aide à faire décoller le foil en pompant.
Ressenti sur l’eau
Avant cette Armstrong, j’ai ridé la KT Super K2 Pro carbone, une excellente planche que j’ai dû rendre à la marque. Le timing est tombé pile pour recevoir cette Midlength MKII, dans un litrage plus adapté à mon poids et à ma progression : je suis passé de 70 litres à 55 litres.
Setup plug and play
Premier constat : c’est du vrai clé en main. Je plug mon foil, pas de cale de rake, pas de bidouille. Je place généralement le foil avec 3 à 4 cm de rail restant devant la platine. J’ai principalement navigué avec des foils Armstrong : l’UHA 770, les stabs Dart 140 et MKII Surf 130 (avec la cale rouge ! ) , et le mât Performance X, mon vrai coup de cœur sur cette board — rigide, glisse fort, et tres peu de corde qui donne au foil une excellente capacité à tourner/carver.
En wingfoil et light wind
Avec cette 55 litres à 62 kg, je décolle en wingfoil dès une douzaine de nœuds avec l’UHA 770. La répartition du volume est bien étudiée, même si l’aile avant assez piquée peut donner tendance à se retrouver un peu trop sur l’avant de la planche. Sur ce litrage on est clairement sur une pratique déjà avancée, mais comparée à d’autres boards que j’ai testées, celle-ci reste très facile : décollage tôt, glisse excellente au take-off.
En parawing
C’est clairement le terrain de jeu principal de cette board pour moi en ce moment. Avec une 4m² en parawing, je pars dès 12-15 nœuds. J’ai fait pas mal de sessions dans des conditions de vent moyen à soutenu, avec de vrais bumps de thermique, et la relance est bonne même dans une faible énergie : on glide sans trop remettre d’effort dans le foil, c’est peu énergivore. Les pieds restent bien à plat, sans besoin de compenser avec une cale de rake.
J’ai bien aimé :
Le pad, fin mais très grippy grâce à sa structure ajourée, donne une sensation de connexion directe avec le foil, presque comme si on était directement sur le stringer. Par rapport à la KT Super K2, j’ai trouvé cette Midlength MKII plus « surfy » : le pont un peu plus généreux en largeur permet d’être plus offset et d’aller chercher du grip sur le foil, sans perdre en glisse au take-off. Elle est très agréable à carver dans les bumps, que ce soit en parawing ou en wingfoil freeride.
Prix et distribution
La gamme Midlength MKII X-Form démarre à 2249€ pour les plus petits volumes et monte jusqu’à 2649€ pour la 130 litres (tarifs juillet 2026). Toutes les infos et la disponibilité sont à retrouver sur armstrongfoils.com, ou chez les revendeurs Armstrong.
En conclusion
Cette Midlength MKII X-Form est une vraie réussite. On a une board clé en main, super rigide, costaud, qui couvre tous les gabarits et toutes les pratiques grâce à ses 9 tailles de 38 à 130 litres. Même pour un niveau moins avancé, en la surlitrant un peu et avec un foil pas trop technique en dessous, elle reste largement accessible.
La techno X-Form, avec son moulage façon mât ou aile de foil, offre un rapport durabilité / performance / légèreté qui est probablement parmi les meilleurs du marché actuellement. Et niveau évolutions, tout colle avec les usages actuels : décollage tôt, plus de stabilité au take-off, sans rien sacrifier sur la performance. Pour moi qui navigue beaucoup en parawing, cette 55 litres pour mes 62 kg est clairement devenue ma board de référence du moment.
Prochaine étape sur la chaîne : la review de la X-Wing Performance d’Armstrong !



