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FLYSURFER POW V2 – LA PARAWING MONOPEAU (PRESQUE) PARFAITE !

Nouvelle review parawing, et cette fois c’est Flysurfer qui revient avec la Pow V2. Tout le matos de la marque (parawings, wings) est disponible sur flysurfer.com et chez les shops qui la référencent. J’ai reçu pour ce test la 2.3, la 3m et la 4m, ainsi que la Zap en 3m, la version double peau plus orientée freerace, histoire de pouvoir comparer les deux approches. J’ai  tourné avec tout ça plusieurs semaines, en freeride, et downwind, dans du vent faible comme dans du vent bien soutenu. Voici le debrief complet.

Une V2 qui reste dans l’esprit de la V1, mais avec un sacré paquet d’améliorations

La Pow reste une aile de construction monopeau classique, pensée pour le freeride, le surf, le freefly et pour aller vite. Elle ne révolutionne pas la formule de la V1, mais quasiment tous les points qui pouvaient coincer sur l’ancienne génération ont été retravaillés. On va détailler ça, parce qu’il y a du lourd.

Ce qu’on trouve dans la boîte

L’aile est livrée dans un petit sac en spi qui se roule et se ferme avec un clip (pas de zip), avec une sangle ventrale pour bien le verrouiller et éviter que ça ballote pendant le pumping. C’est un très bon sac, même si je continue de préférer celui de la Altis qui propose deux sangles (pectorale et abdominale) pour un maintien encore plus total. On a aussi le kit de réparation, le manuel, et toujours cette fameuse barre coudée, qui a elle aussi évolué. Le backpack fait 18 litres, largement de quoi embarquer une ou deux parawings en backup si le vent bouge pendant la session. Autre point sympa : la marque propose en option une stash belt, l’Escape Belt, pensée pour les riders qui font de gros upwind/downwind. Enfin, un bout de harnais souple avec 3 réglages de longueurs (système de noeuds) est fourni et préinstallé sur la barre : fin, discret, on l’oublie complètement même en sandwich entre la barre et la main, et surtout il ne gêne jamais quand on ne s’en sert pas.

Les tailles et les tarifs

Grosse évolution ici : l’année dernière on avait seulement 1.7 / 2.5 / 4m, puis une 5m arrivée en cours de saison. Sur cette V2, l’étagement est bien plus cohérent : 1.7, 2.3, 3m, 4m et 5.5m. La 3m en particulier, c’était la taille qui manquait cruellement. Côté prix, ça démarre à 729€ pour la 1.7 et grimpe jusqu’à 1049€ pour la 5.5. La 4m, celle que j’ai utilisée en taille max dans le light, est à 929€. Côté poids, l’aile complète en 4m tourne autour de 700g sur ma balance de cuisine.

Le débrief terrain

Un étagement de surfaces enfin cohérent

C’est clairement la meilleure nouvelle de cette V2. Avant, passer de la 1.7 à la 2.5 c’était déjà un gros gap, et de la 2.5 on sautait directement à 4m, un écart énorme. Et la 4m avait un comportement assez tracteur, avec des lignes de 2m10 qui rendaient le packing compliqué (faisable, mais en deux temps). Là, avec la 2.3 et surtout la 3m qui a beaucoup de patate, on se surprend à sortir des petites surfaces bien plus tôt. Résultat : on embarque un bon rapport puissance/cm², on va vite, et une fois pliée l’aile prend très peu de place.

Bridage simplifié et lignes enfin courtes

La barre a été raccourcie, les poulies ne sont plus là par défaut : le bridage est vachement plus simple. Les avants sont faciles à repérer pour le packing, et les détrompeurs couleur sur le bord d’attaque sont bien démarqués. Un vrai plus quand on se retrouve avec un sac de nœuds dans l’eau, surtout pour les débutants : fini le bridage monocolore orange illisible.

Mais le vrai sujet numéro un, c’était la longueur des lignes. Sur la 1.7 ça allait, mais sur la 4m les 2m10 de ligne étaient un vrai défaut identifié sur la V1. Sur cette V2, les lignes sont beaucoup plus courtes sur toute la gamme, la 4m se pack désormais en 2-2, et le bridage est très peu abrasif, avec très peu de nœuds. J’ai testé récemment une aile d’une autre marque avec un bridage qui accrochait énormément à la manipulation : ce n’est clairement pas le cas ici. On a un bridage épuré, agréable pour les mains.   Quand on tire sur les avants, l’aile vient se packer toute seule, comme aspirée, sans forcer. Un vrai point fort.

Ergonomie de la barre

La forme particulière de la barre, avec ce col de cygne n’est pas du gout de tout le monde, mais moi j’y vois de vrais atouts. Le pouce posé sur le bout de la barre permet de gérer le depower avec beaucoup de précision. Et pour le packing, mettre la main au-dessus de la barre fait gagner quasiment 10 cm de longueur de ligne à récupérer, ce qui n’est pas rien sur une aile qui a déjà des lignes très courtes. Beaucoup de marques à barre droite ont d’ailleurs rajouté un « moignon » à l’avant pour pallier ce manque d’ergonomie sur la fin de barre (Altis, F-One Quest…), preuve que Flysurfer avait une longueur d’avance sur ce point.

Beaucoup moins sensible à la barre

C’était LE gros défaut de la V1 : il fallait vraiment garder les mains dans le coude, sinon l’aile freinait et reculait dans la fenêtre dès que la main partait un peu trop en arrière, puis repartait en coup de raquette dès qu’on recompensait. Sur des vents forts et raffaleux, ou sur les petites surfaces plus nerveuses, ça pouvait être franchement déstabilisant. Sur la V2, ce phénomène est très largement gommé, presque disparu. Résultat : une aile beaucoup plus accessible, y compris pour des débutants qui n’auront pas à placer leurs mains au centimètre près, et un vrai confort pour les riders plus expérimentés en fin de session, quand la fatigue arrive.

Manœuvrabilité et packing

L’aile est super manœuvrante, grâce à la forme de la barre, et a la longueur réduite des lignes même sur la 4m qui permettent de maintenir l’aile au dessus de l’eau en levant les bras comme avec les BRM V2 à l’époque (qui était révolutionnaire sur la longueur des lignes). Ici, c’est une vraie réussite pour moi.

Côté packing, même constat que plus haut : c’est ultra facile, même au travers avec les lignes en tension, ce qui n’est pas le cas de toutes les parawings (certaines obligent à abattre franchement pour ne pas se cramer les mains). L’effet « POW » fonctionne à plein régime ici, même mieux que sur une hybride comme la 777 par exemple, qui reste excellente en cap et en depower mais qui demande de prendre une partie des avants du milieu pour retrouver un peu cette sensation.

Le point faible : le depower a régressé

Après plusieurs sessions dans sa plage de vent, tout allait très bien. Mais en vent plus fort et plus raffaleux, sans harnais (mon vrai test pour juger le depower d’une aile), les mains se sont retrouvées à bloc sur l’avant de la barre. Confirmation avec d’autres riders : le depower a effectivement régressé par rapport à la V1. Dommage, parce que le profil reste par ailleurs hyper verrouillé, digne d’une hybride niveau stabilité, il ne ferme jamais.

La modif à 10 balles qui change tout !!

Bonne nouvelle : il existe une solution simple. En décalant légèrement les C (déverrouillés puis repositionnés de quelques centimètres), l’aile dégaze beaucoup plus sans perdre en manœuvrabilité ni flapper davantage. Encore mieux : en montant les C sur une petite poulie de 2-3g ( elle coute une dizaine d’euros), le bridage devient dynamique. Quand on choque, les C reculent et l’aile dégaze à fond en gardant du cap ; quand on borde, ils avancent tout seuls pour retrouver de la puissance. Résultat : L’effet de surbordage est limité et on gagne encore en tolérance sur le placement des mains. Une modif qui prend 5 minutes, coûte une dizaine d’euros (voire rien si vous avez déjà la poulie), et qui métamorphose littéralement l’aile en plage haute. elle « dégaze » à fond sans fermer dans les claques.

Petite parenthèse sur la Zap

Testée en parallèle en 3m, la Zap est la version double peau de la gamme, avec un programme clairement plus freerace. Au décollage sur la plage, effet camion garanti par rapport à la Pow, c’est plus « massif » mais une fois sur l’eau l’aile est magnifique et efficace : profil rigide qui se tient bien, et surtout un cap hallucinant, probablement le meilleur que j’ai testé sur une parawing à ce jour. On se surprend à remonter tellement au vent qu’il faut limite prévoir de la marge pour redescendre derrière ;-). Elle est confortable même quand le vent forcit, garde un fond de puissance qui se gère bien, et se pack en une brassée avec ses lignes de 1m70 (il faut juste abattre un peu pour les détendre, les caissons prenant plus au vent qu’une monopeau) et prendr ele temps de vider les caissons ce qui est un point faible pour packer « rapidement ». Côté redéploiement rapide en session surf, c’est moins pratique : il faut bien vider l’air des caissons, ce qui prend plus de temps qu’avec une double peau pensée pour le freefly instantané type PPC Orbit. En clair : la Zap, c’est l’arme pour l’upwind/downwind engagé, la Pow V2 reste plus polyvalente au quotidien.

Verdict

Cette Pow V2 progresse sur quasiment tous les fronts par rapport à la V1 : étagement des tailles enfin cohérent, bridage simplifié et beaucoup moins de nœuds, lignes courtes même sur les grandes surfaces, packing ultra facile et surtout une aile beaucoup moins sensible à la barre, donc plus accessible aux débutants comme plus confortable en fin de session pour les riders avancés. Le seul vrai bémol, c’est la perte de deep power par rapport à la V1, mais la petite modif des C sur poulie règle le problème pour trois fois rien et sans dénaturer le travail de développement de la marque sur le profil, qui reste hyper verrouillé et ne ferme jamais. En plage basse, elle reste aussi bonne que la V1, à condition d’apprivoiser un peu le placement des mains sur cette barre atypique. Une aile qui va occuper une bonne partie de mon automne et de mon hiver, et je suis très curieux de voir ce que donnera la 1.7 V2 une fois modifiée à la même sauce.

Photographe Pro - Vidéaste amateur - Vlogger - Youtuber / La Baule - Loire-Atlantique

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