Nouvelle review parawing ! cCette fois c’est PPC qui passe sur le pont avec l’Orbit. La marque est déjà bien connue et reconnue sur le marché des wings, avec du matos généralement haut de gamme et perf, et j’étais très curieux de voir ce qu’ils proposaient côté parawing. Tout le matos est disponible sur ppcfoiling.com. J’ai reçu l’Orbit en 3.5m², et je l’ai fait tourner en freeride, en upwind/downwind, dans du vent faible comme dans du vent bien soutenu. J’ai aussi pu la comparer à la Flysurfer Zap, une autre double peau mais beaucoup plus typée freerace, reçue à peu près au même moment. Voici le debrief complet.
Une double peau co-conçue avec Nova
Cette Orbit ne sort pas de nulle part : elle a été co-conçue avec Nova, une marque qui fabrique des parapentes. Ce savoir-faire croisé entre les deux marques n’est pas anodin, ça se sent dans la conception globale de l’aile.
Pour rappel, une double peau, par rapport à une monopeau, apporte des qualités de tenue dans le vent et surtout de remontée au vent spectaculaires. Entre les deux, on trouve les hybrides. L’idée derrière une double peau, c’est de pouvoir remonter très facilement au vent avec de super angles et un excellent rapport cap/vitesse, pour ensuite redescendre en downwind.
Ce qui est intéressant avec l’Orbit, c’est que sur le papier, la marque ne vise pas le côté freerace qu’on associe souvent aux doubles peaux (un peu comme la Zap chez Flysurfer). Ici on est sur un programme freeride, freefly, upwind/downwind, mais avec l’ambition de se rapprocher du comportement des monopeaux qu’on utilise aujourd’hui.
Gamme, tailles et tarifs
La gamme Orbit se décline en 5 tailles :
- 2m
- 2.7m
- 3.5m (celle que j’ai testée)
- 4.5m
- 5.9m
Côté tarif, ça oscille entre 1270$ et 1710$ pour la plus grande taille. Un seul coloris est disponible, en bleu et orange, simple et efficace.
Construction et accessoires
La marque a opté pour des matériaux très légers, inspirés de la toile de parapente. C’est particulièrement fin et léger quand on fait voler l’aile à terre, et le discours de la marque là-dessus se vérifie : l’aile reste très légère une fois packée et en vol, malgré son statut de double peau.
Côté lignes, on est sur du matériel fin, avec les A légèrement épaissis pour limiter l’abrasion sur les mains au moment du packing. Sur la longueur de bridage, on reste sur des valeurs assez courtes pour une double peau : 1m52 sur la 3.5 (vérifié à la mesure, 1 x brassée du bout de la barre au bord d’attaque), 1m60 sur la 4.5, et 1m78 sur la 5.9. Ça permet de packer la 3.5 en une seule brassée sans problème.
L’aile est livrée avec un sac à dos en nylon, transportable sur l’eau, mais qui ne se compacte pas comme certains sacs à clips qu’on trouve chez Ozone ou Flysurfer par exemple. La marque propose en option le Parasack, un sac dédié avec fermeture magnétique, une grande poche de rangement façon stash belt élaborée, et un petit couteau coupe-ligne intégré. C’est clairement l’option à privilégier si vous comptez faire de l’upwind/downwind régulièrement.
La barre et le système P.A.L (breveté)
Voici la vraie innovation de cette Orbit : une barre en carbone très légère, avec une forme légèrement recourbée à l’avant qui se révèle très ergonomique en navigation. Elle fait 36cm sur les tailles allant de 2m à 3.5m, et 42cm sur les tailles 4.5 et 5.9.
Sur cette barre, on trouve le système PAL (Power Assist Line), une exclusivité brevetée par PPC. Concrètement, il y a un petit taquet coinceur à l’arrière avec un bout de garcette très discret qui ne gêne jamais en navigation. En tirant sur cette ligne, on ferme un peu le profil de l’aile et on récupère du creux et de la puissance, notamment utile sur les phases de take-off, un domaine où les doubles peaux sont généralement moins performantes que les monopeaux.
Ressenti terrain
Un confort et un depower hors normes
Le plus gros point fort de cette Orbit, c’est son confort global, avec un depower enorme, même dans du vent tres fort et rafaleux. C’est presque doux à l’excès en navigation : au début, dans du vent un peu rafaleux mais pas forcément très fort, j’ai eu la sensation de manquer un peu de retour action/réaction dans les bras par rapport à une monopeau ou une hybrid dont la puissance est plus « instantanée ». Mais dès que le vent forcit vraiment, l’aile encaisse et on ne fait qu’accélérer sans jamais se retrouver en difficulté. Je fais le parallèle avec la sensation que j’avais eue sur la F-one Plume : son depower me semblait illimité.
Un cap excellent
Surtout dans le vent fort, on peut relâcher au maximum le trim pour naviguer vraiment sur les avants, avec un profil très efficace. Les angles de remontée au vent sont excellents, meilleurs qu’avec une monopeau ou une hybride. Pour quelqu’un qui fonctionne sur un shéma de grosse remontée au vent puis gros downwind, ce type d’aile est clairement le plus adapté.
Une légèreté et un packing plus faciles qu’attendu
Par rapport à la Flysurfer Zap, l’Orbit se pack beaucoup plus facilement et rapidement. Sur la Zap, les lignes sont plus longues et il faut vider les caissons de leur air de façon plus active. Sur l’Orbit, on compacte assez vite et on range dans le sac sans y passer un temps fou. Elle se rapproche davantage d’une hybride ou d’une monopeau sur ce point.
Des manœuvres intuitives
Vent fort comme vent faible, l’Orbit reste très agréable à manœuvrer. Sur ma 3.5, je n’ai eu aucune galère à la freiner dans les jibes pour éviter que les lignes se détendent en haut de fenêtre. En tirant un peu le trim, on ferme le bord de fuite, on récupère de la tension à l’arrière et l’aile devient encore plus maniable, elle pivote plus facilement. Dans les tacks, elle passe au-dessus de la tête de façon très intuitive. En sortie de manœuvre, la puissance délivrée est douce, sans à-coups dans l’épaule.
Le système PAL à l’usage
Une double peau n’aura jamais la plage basse d’une monopeau, on est plutôt dans les eaux d’une hybride sur ce point. Mais le système PAL permet de récupérer un peu de patate pour le take-off, et de garder un léger excédent de puissance en light wind en naviguant avec un fond de trim tiré. Ça ne révolutionne pas la double peau (il faudra toujours toiler un peu plus que sur une monopeau équivalente, prendre 50cm² de plus environ), mais ça amène un vrai plus. Et quand on relâche complètement le trim, on retrouve un depower sans limite et un cap monstrueux, avec l’aile qui avance vraiment dans la fenêtre.
Les points faibles
Sur le détrompeur couleur des lignes : les avants sont bleus et les arrières rouges, mais le trim est bleu, ce qui crée un peu de confusion visuelle sur les lignes avant quand l’aile est en vrac. J’aurais préféré que tout soit bleu jusqu’à la barre et tout rouge jusqu’au trim.
Le sac fourni est correct mais perfectible : pas de zip, ce qui est top contre la corrosion, mais impossible de le compacter une fois l’aile roulée, contrairement à ce qu’on trouve chez Ozone ou Flysurfer avec leurs systèmes à clip.
Enfin, l’oreille de l’aile peut parfois légèrement s’enrouler quand les lignes sont moins en tension (en freefly, en manœuvre, ou en contre-gîte quand on choque un peu). Elle se redéploie dès qu’on secoue la barre, et ce n’est jamais un souci une fois l’aile bien calée en vol, mais c’est un point que j’avais déjà noté sur la Zap et qui semble assez propre aux doubles peaux.
Pour qui est cette Orbit ?
Cette Orbit s’adresse clairement aux riders pour qui la priorité est de remonter vite et loin au vent, avec une bonne vitesse, pour ensuite enchaîner sur de grandes descentes. Si votre pratique consiste plutôt à faire des ronds dans l’eau près d’un spot de vagues avec du packing rapide et fréquent, une monopeau reste probablement plus indiquée.
À l’inverse, si vous voulez explorer une côte en mode ballade upwind et revenir après un run de 10-15 kilomeètres, l’Orbit sera bien plus à l’aise qu’une monopeau, qui vous demandera plusieurs bords pour faire le même chemin qu’un ou deux bords avec cette double peau.
En conclusion
Cette PPC Orbit est une aile très réussie, dans la lignée de ce que fait PPC habituellement : du haut de gamme. Elle a clairement voulu cocher les cases surf, freefly et packing rapide, en se rapprochant du comportement d’une hybride ou d’une monopeau, et c’est plutôt réussi : gros bénéfice sur le cap, la remontée au vent, le depower et le confort général.
Ce qui décidera de votre choix entre cette Orbit et une autre aile, c’est avant tout votre façon de pratiquer la parawing. Gros upwind, besoin de confort avec ou sans harnais : cette aile est top. Packing très rapide et réactif en priorité, minimum de volume embarqué : une monopeau ou une hybride sera peut-être plus adaptée. Tout dépend de votre pratique, de vos goûts et de votre niveau technique.
Retrouvez tout le matos PPC sur ppcfoiling.com.



